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Escalade aux Deux Soeurs – Vercors

Escalade aux Deux Soeurs – Vercors

Voici un petit article qui revient sur une petit virée d’escalade aux Deux Soeurs sur la barrière Est du Vercors. Ce n’était pas le projet initial mais finalement on se retrouve à grimper sur les rochers des Deux Sœurs, une belle découverte. L’accès et le retour sont assez commodes ce qui est confortable avec les jours qui raccourssissent, on y a parcouru une grande voie sur chacune d’elle.
La Voie du Dièdre à Sophie, la tour la plus au nord, puis la Directe 72 à Agathe. Ce sont sont de beaux itinéraires classiques d’une difficulté modérée cependant peu équipés qui proposent une escalade intéressante en fissure. Le rocher n’est pas toujours excellent mais il est très correct dans les passages difficiles.

escalade deux soeurs vercors
la voie du dièdre:

Une bien belle voie qui se situe dans la partie gauche de la face, et à l’itinéraire raide et rusé, ouverte en 1963 par la forte équipe suisse. Il faudra composer avec quelques zones de gradins délités dans le bas mais la seconde moitié est directe et très pure, notamment dans le grande dièdre final.
Une escalade à l’ancienne où il faudra parfois pitonner pour se protéger correctement. Le rocher est bon dans les passages durs et on trouve une dizaine de pitons très corrects sur l’ensemble de la voie.
C’est un itinéraire classique du type vercors tout à fait recommandable.

Un petit mot par longueur:     topo détaillé

L1: la voie démarre à l’aplomb du profond couloir où se déroule la voie des genevois qui sépare le dièdre évident suspendu à gauche du reste de la face à droite. On remonte un vague dièdre qui mène aux gradins supérieurs.
L2: on poursuit par une grande longueur à gauche dans des gradins faciles jusqu’au pied d’une dalle fissurée.
L3: contourner le mur qui domine, puis en ascendance toujours à gauche au plus facile jusqu’à une niche confortable. Une lunule à changer au relais.
L4: revenir à droite par un petit « sandwich horizontal » pour rejoindre le pied d’un dièdre en bout de traversée.
L5: remonter le dièdre et rejoindre à l’extrème droite d’un jardin le pied d’une ligne de fissure.
L6: grande longueur dans le beau dièdre-fissuré, relais à gauche d’une grand ogive posée.
L7: continuer par la fissure-cheminée en mauvais rocher, en sortir dans le haut à gauche pour rejoindre le dièdre gris évident. Un pas de bloc pour y rentrer puis relais en bout de corde en haut dans les gradins de sortie.
L8: rejoindre une zone de faiblesse à droite qui conduit facilement au sommet.

La Directe de 1972:

Une bien belle surprise, le topo Coupé la mentionne « en bon rocher » et effectivement nous n’avons pas été déçu. A cela s’ajoute un itinéraire logique et directe dans des lignes de fissures marquées. La voie a été en partie laissée équipée, notamment aux relais et dans les passages durs, et pour le reste les friends et exentriques fonctionnent très biens. Nous sommes sortis par la voie de l’écharpe en pensant gagner du temps sur la sortie du spigolo sud-est, finalement pas tellement car le rocher n’est pas terrible et très sale dans une profonde gorge, et la dernière traversée en rocher moyen sur équipement d’époque mérite de l’attention.
On trouve toujours du matériel en place au relais, un petit jeu de pitons variés permettra de compléter parfois dans certaines portions.
Elle ne semble pas avoir été très reprise et c’est bien dommage car c’est une superbe voie de terrain d’aventure de belle ampleur comme il y en a probablement peu sur la barrière dans ce niveau là.
L’attaque se situe une quarantaine de mètres à gauche de scène de la vie extra-conjugale (spits et pitons dans une conque jaune délitée) au pied d’une dalle grise fracturée.

Un petit mot par longueur:     topo détaillé

L1: remonter la dalle grise pour gagner la strate horizontale qu’on suit à droite jusqu’à un promontoire confortable.
L2: poursuivre jusqu’à franchir le boudin en artif dans sa ligne de faiblesse, puis sortir facilement dans des gradins jusqu’à une niche à droite.
L3: rejoindre le dièdre à gauche puis franchir la fissure déversante droit au dessus, elle se transforme en cheminée puis débouche dans une zone facile. Superbe longueur.
L4: remonter les deux dièdres évidents superposés.
L5: dépasser une petite fissure oblique à gauche puis franchir une magnifique écaille.
L6: on se retrouve au pied d’une courte fissure large qu’on franchit pour faire le relais aussitôt.
L7: une grande longueur de corde dans des fissures peu marquées permet de rejoindre une terrasse confortable.
L8: par le dièdre évident, on franchit successivement deux surplombs par la droite puis un dernier crochet à gauche permet d’atteindre le Grand Boulevard.
Le suivre à gauche jusqu’à un grand couloir (ravine délitée) qui entaille la partir supérieure, la voie de l’écharpe démarre dans le couloir-cheminée le plus à gauche.
L9: le remonter jusque sous un gros bloc faisant abri.
L10: poursuivre dans la cheminée puis par un crochet à droite (section abondamment pitonnée) on revient dans la gorge.
L11: une courte longueur permet de prendre pied sur une petite terrasse en contrebas de la vire.
L12: y prendre pied puis à son extrème gauche traverser sur le fil du pilier par des rochers au début peu sûrs.
L13: une dernière longueur facile dans le couloir conduit au sommet.

Enfin, nous avons terminé le séjour par un itinéraire que se situe sur la face Est du Gerbier: le bouclier par les dalles.
Les quelques infos recueillies sur le net indique que la voie a été parcourue, mais difficile d’avoir des infos utiles: entre un parcours tout en libre en 24h (poisson d’avril) et une répétition en 3 jours avec portaledges, on n’était pas plus avancés.
Bref, le topo mentionne en milieu de voie « une petite vire au sommet de l’écaille », on verra bien. Après une bonne journée, on atteint le bivouac qui est une fois de plus bien pourri, on tend péniblement les hamacs.
Le lendemain, la nuit a été fraîche et le réveil est dur, on avance jusqu’au milieu de la trav’ du haut puis on décide de redescendre, les jours sont courts et des impératifs le lendemain nous contraignent à ne pas rentrer trop tard.
Dommage car on avait fait le gros du morceau: la voie est très belle avec un super itinéraire qui cherche les lignes de faiblesse et le rocher est dans l’ensemble assez bon.

Quelques précisions:
– nous avons mis 14h d’escalade pour arriver là, il doit rester au maximum pour le haut 4h d’escalade donc la voie se parcourt largement en 2 journées.
– on a perdu pas mal de temps dans la grande longueur d’artif car on n’avait pas de crochets, ils y allaient supers biens.
– la logistique: notre bivouac était très pénible, à refaire on monterait en une grosse journée jusqu’au relais suivant au pied du dièdre (plus confort sur hamacs). Ou alors dormir sous le grand toit du bas, fixer les deux longueurs suivantes puis sortir le lendemain en une grosse journée.
– la descente en rappel en 60m est équipée.
– tous les relais sauf R1 sont équipés, voir même beaucoup trop équipés: parfois jusqu’à 4 goujons par relais! Certains grimpeurs n’ont pas honte et n’ont aucune éthique: répéter une voie du bas avec un perfo et 25 tiges, ça reflète quand même le niveau d’engagement de la cordée, d’autant plus que plein de relais se faisaient très bien sur pitons. Il y a même des plaquettes avec leurs noms gravés dessus, ça nous a fait bien rire. Dire qu’on s’était fait « gronder » il y a quelques années quand on avait nettoyé du haut puis mis un spit par relais dans des voies des calanques …

Voici une ébauche de topo

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